Soins palliatifs : une première maison d'accompagnement ouvrira à Versailles en 2027

La Maison de Jeanne proposera 12 studios individuels pour accueillir des personnes atteintes de maladies graves évolutives.

Publié le 22 octobre 2026

POINTS CLÉS

Ouverture en 2027 à Versailles (Yvelines) de la première maison d'accompagnement et de soins palliatifs d'Île-de-France.


12 studios individuels pour accueillir des personnes atteintes de maladies graves évolutives.


1 million d'euros de financement annuel pendant trois ans, apporté par l'ARS Île-de-France.


Une alternative au domicile et à l'hôpital associant soins palliatifs, hébergement, soutien psychologique et accompagnement des proches.


Une expérimentation nationale inscrite dans la stratégie de développement des soins d'accompagnement 2024-2034.

Ce nouveau lieu de vie, soutenu par l'ARS Île-de-France à hauteur d'un million d'euros par an, préfigure un modèle d'accompagnement destiné à se développer dans les régions françaises.

Une nouvelle alternative entre le domicile et l'hôpital

Comment accompagner une personne atteinte d'une maladie grave lorsque le maintien à domicile devient difficile, sans pour autant justifier une hospitalisation permanente ?

C'est à cette question que souhaite répondre La Maison de Jeanne, la première maison d'accompagnement et de soins palliatifs (MASP) d'Île-de-France, dont l'ouverture est prévue en 2027 à Versailles, dans les Yvelines.

Porté par l'Association des Dames du Calvaire - Maison médicale Jeanne Garnier, le projet a été retenu par l'Agence régionale de santé (ARS) Île-de-France dans le cadre de l'expérimentation nationale de ces nouvelles structures médico-sociales.

L'ambition est de proposer un environnement chaleureux et sécurisé, où les personnes malades pourront bénéficier de soins adaptés tout en conservant un cadre de vie aussi proche que possible de celui d'un domicile.

La Maison de Jeanne : 12 studios individuels pour préserver l'intimité et la qualité de vie

Située à Versailles, La Maison de Jeanne disposera de 12 places d'accueil aménagées en studios individuels.

Le projet prévoit également des espaces collectifs, notamment des lieux de convivialité et un jardin, afin de favoriser les échanges et de maintenir une véritable vie sociale.

L'organisation reposera sur une approche globale associant :

  • Des soins palliatifs adaptés à l'évolution de la maladie et aux besoins de la personne.
  • Un accompagnement médical et paramédical coordonné avec les professionnels de santé du territoire.
  • Une présence humaine et soignante de jour comme de nuit.
  • Un soutien psychologique et social pour les personnes accueillies et leurs proches.
  • La participation de bénévoles et la possibilité de maintenir une vie familiale et sociale.

Les familles et les proches aidants occuperont une place centrale dans ce dispositif. L'objectif est de leur permettre de rester présents auprès de la personne malade, dans un environnement moins médicalisé que celui d'un établissement hospitalier.

Le projet prévoit également la présence de jeunes étudiants logés sur place, contribuant à son ouverture sur la vie du quartier et aux échanges intergénérationnels.

Un modèle qui pourrait transformer l'accompagnement de la fin de vie

Créées par la loi du 26 mai 2026 visant à garantir l'égal accès de tous à l'accompagnement et aux soins palliatifs, les maisons d'accompagnement et de soins palliatifs constituent une nouvelle catégorie d'établissements médico-sociaux.

Elles s'adressent aux personnes nécessitant une prise en charge palliative qui ne peut plus être assurée à domicile, mais dont l'état ne justifie pas une admission en unité hospitalière spécialisée.

Ces maisons ont également vocation à proposer des solutions de répit aux proches aidants et un accompagnement des personnes endeuillées.

Leur particularité réside dans la combinaison d'un véritable lieu de vie et d'une prise en charge soignante adaptée, avec une attention particulière accordée à la qualité de vie, à la dignité et au respect des souhaits des personnes.

Il ne s'agit donc ni d'un EHPAD traditionnel, ni d'une unité hospitalière de soins palliatifs, mais d'une réponse complémentaire destinée à enrichir les parcours de soins.

Un financement d'un million d'euros par an pendant trois ans

Le projet versaillais bénéficie d'un soutien financier de l'ARS Île-de-France de 1 million d'euros par an sur une période de trois ans.

Cette enveloppe accompagnera la mise en place du dispositif et son fonctionnement dans le cadre de l'expérimentation nationale.

La Maison de Jeanne s'appuiera sur l'expérience de la Maison médicale Jeanne Garnier, acteur historique des soins palliatifs en France, ainsi que sur un réseau de professionnels libéraux, d'établissements de santé, d'acteurs médico-sociaux et d'associations de bénévoles.

L'ouverture des premiers accueils est envisagée début 2027 dans un dispositif transitoire. La structure définitive doit entrer en service au cours de la même année, avec une ouverture annoncée à l'automne 2027 par le porteur du projet.

Une expérimentation nationale pour développer les soins palliatifs de proximité

La création de La Maison de Jeanne s'inscrit dans la stratégie décennale de développement des soins d'accompagnement 2024-2034.

Cette politique nationale prévoit notamment l'expérimentation d'une maison d'accompagnement et de soins palliatifs par région afin d'évaluer ce nouveau modèle et les conditions de son éventuel déploiement à plus grande échelle.

En Île-de-France, cette première structure viendra compléter les dispositifs existants, notamment les unités hospitalières de soins palliatifs, les équipes mobiles spécialisées, l'hospitalisation à domicile et les filières territoriales organisées dans les huit départements franciliens.

L'enjeu dépasse la seule création de nouvelles places : il s'agit d'améliorer la continuité des parcours, de limiter les hospitalisations inadaptées et de proposer aux patients davantage de possibilités d'accompagnement en fonction de leur situation et de leurs souhaits.

Vers une nouvelle place pour les proches aidants

Au-delà des soins prodigués aux personnes malades, les maisons d'accompagnement et de soins palliatifs pourraient également contribuer à mieux prendre en compte les difficultés rencontrées par leurs familles.

Lorsque la maladie progresse, l'épuisement des aidants, l'isolement social ou l'inadaptation du logement peuvent rendre le maintien à domicile particulièrement complexe.

En proposant un hébergement accompagné dans une structure à taille humaine, ces maisons constituent une solution supplémentaire pour les familles confrontées à ces situations.

L'expérimentation de Versailles permettra ainsi d'apprécier la capacité de ce nouveau modèle à améliorer la qualité de vie des personnes accompagnées, à soutenir leur entourage et à renforcer la coordination entre professionnels sanitaires, médico-sociaux et acteurs de proximité.



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