Ehpad et fin de vie

 la HAS identifie des causes évitables d’événements indésirables graves

Publié le 16 septembre 2026

POINTS CLÉS

  • La HAS analyse depuis 2017 les événements indésirables graves associés aux soins (EIGS) déclarés par les professionnels.
  • Deux nouvelles analyses portent spécifiquement sur les Ehpad et la prise en charge des patients en fin de vie.
  • Dans ces deux situations, la HAS met en évidence une part importante de causes organisationnelles potentiellement évitables.
  • En Ehpad, les recommandations portent notamment sur les chutes, les fausses routes, la contention et la culture de sécurité.
  • En fin de vie, la HAS appelle à mieux formaliser les projets de soins, sécuriser les médicaments à risque et renforcer la coordination entre professionnels.

Sécurité des soins : la Haute Autorité de santé publie deux analyses consacrées aux événements indésirables graves en Ehpad et lors de la prise en charge des patients en fin de vie, avec plusieurs recommandations pour mieux prévenir les risques.

Depuis 2017, la Haute Autorité de santé (HAS) analyse les événements indésirables graves associés aux soins afin de tirer des enseignements des situations rencontrées sur le terrain et d'améliorer la qualité et la sécurité des prises en charge.

En complément de son dernier bilan annuel, la HAS publie deux analyses ciblées portant sur des situations particulièrement complexes : l'accompagnement des personnes âgées en établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) et la prise en charge des patients en fin de vie.

Ces travaux mettent notamment en évidence la prédominance de facteurs organisationnels parmi les causes susceptibles de contribuer à la survenue d'événements indésirables graves.

En Ehpad, renforcer la prévention des risques

L'analyse consacrée aux Ehpad conduit la HAS à formuler plusieurs recommandations destinées aux établissements et aux professionnels intervenant auprès des personnes âgées dépendantes.

La Haute Autorité recommande en premier lieu de renforcer la culture de sécurité des soins et la gestion des risques au sein des établissements. Cette démarche suppose notamment de favoriser le signalement et l'analyse des incidents afin d'en tirer des enseignements collectifs.

La HAS insiste également sur la nécessité de former les professionnels de santé et de maintenir leurs compétences, dans un environnement où les résidents accueillis présentent souvent des situations médicales et de dépendance complexes.

Chutes, contention et fausses routes parmi les risques à mieux prévenir

La prévention des chutes constitue également un axe majeur. La HAS appelle les établissements à appliquer les recommandations existantes afin de limiter ces accidents, particulièrement fréquents chez les personnes âgées fragiles.

Autre sujet identifié : le recours à la contention physique passive. La Haute Autorité recommande d'en limiter l'utilisation et de privilégier, lorsque cela est possible, des approches alternatives permettant d'assurer la sécurité des résidents tout en préservant leur liberté de mouvement.

La prévention et la prise en charge des fausses routes constituent enfin un point de vigilance important. Ces événements peuvent avoir des conséquences particulièrement graves chez les personnes âgées souffrant de troubles de la déglutition ou présentant un état de santé fragile.

Les principales préconisations de la HAS pour les Ehpad

  • renforcer la culture de sécurité des soins et la gestion des risques ;
  • former les professionnels de santé et maintenir leurs compétences ;
  • limiter le recours à la contention physique passive ;
  • appliquer les recommandations existantes sur la prévention des chutes ;
  • améliorer la prévention et la prise en charge des fausses routes.

Fin de vie : mieux formaliser le projet de soins

La deuxième analyse publiée par la HAS concerne les événements indésirables graves survenus lors de la prise en charge de patients en fin de vie.

Dans ce contexte particulièrement sensible, la Haute Autorité recommande de formaliser et de partager le plan personnalisé de soins et d'accompagnement entre les différents professionnels intervenant auprès du patient.

L'objectif est de favoriser une prise en charge cohérente, tenant compte de l'évolution de l'état de santé du patient mais également de ses besoins, de ses attentes et de ses souhaits.

Sécuriser les opioïdes et les médicaments sédatifs

La HAS attire également l'attention sur l'utilisation des médicaments à risque, notamment les opioïdes et les produits sédatifs fréquemment employés dans la prise en charge de la douleur et de certains symptômes en fin de vie.

Elle recommande de renforcer la sécurisation de leur prescription, de leur préparation et de leur administration afin de prévenir les erreurs médicamenteuses et leurs conséquences.

La prévention du risque suicidaire fait également partie des axes identifiés par la Haute Autorité de santé.

Renforcer la coordination entre professionnels

La HAS recommande enfin de renforcer la coordination entre les différents professionnels participant à la prise en charge des patients en fin de vie.

Cette coordination doit s'accompagner d'une réévaluation régulière de la situation du patient, permettant d'adapter les traitements et les modalités d'accompagnement à l'évolution de son état de santé.

Les recommandations de la HAS pour la fin de vie

  • formaliser et partager le plan personnalisé de soins et d'accompagnement ;
  • sécuriser l'utilisation des médicaments à risque, notamment les opioïdes et les sédatifs ;
  • mieux évaluer et prévenir le risque suicidaire ;
  • renforcer la coordination entre les professionnels ;
  • réévaluer régulièrement la situation afin d'adapter la prise en charge aux besoins et aux souhaits du patient.

Transformer les événements indésirables en leviers d'amélioration

À travers l'analyse des EIGS, la HAS cherche à transformer les incidents déclarés par les professionnels en enseignements utilisables par l'ensemble du système de santé et du secteur médico-social.

Ces nouveaux travaux rappellent notamment l'importance de l'organisation des soins, de la formation des professionnels et du partage de l'information dans la prévention des événements graves.

Ils constituent également des outils pour aider les Ehpad, les établissements sanitaires et les équipes intervenant auprès des patients en fin de vie à renforcer leurs démarches d'amélioration continue de la qualité et de la sécurité des soins.



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